LA MINE CONTEMPORAINE (1950-1989)

Après les aléas de la Deuxième Guerre Mondiale, la reconstruction du pays, puis le contexte de croissance des années 1950-60, ont nécessité, non seulement la remise en activité des mines, mais aussi l’accélération du processus de mécanisation :

1) Le chargement mécanique

A partir de 1946, le parc du matériel de chargement mécanique s’agrandit. Les mines utilisent alors des machines de plus en plus puissantes

- Estacades de raclage sur rail, puis sur pneus pendant les années 1946-60

- Chargeuses à pinces JOY pouvant charger 350 à 400 tonnes de minerai par poste et par jour (années 1960-1970).

- Chargeuses-transporteuses (années 1970-1980.

Le transport du minerai vers l’extérieur se faisait par convois ferrés. Mais, le problème de la pose de rails a poussé les entreprises à utiliser des camions-navettes, d’abord électriques, puis Diesel.

Chargeuse à pinces JOY
Camion –Navette

2) La foration pneumatique et le tir à grande volée

La montée des performances du chargement nécessitait de procéder à des tirs plus rapides et de plus grande ampleur. On a alors procédé à la technique de foration à l’aide de machines : les jumbos de foration pneumatique. Ceux-ci préparaient des pas de tir de 30 coups par volées au lieu de quatre. Le tir se faisait désormais par cartouches à air liquide mais à déclencheurs électriques à la place des mèches.

Jumbo de foration et pas de tir

A droite : jumbo de foration et cuve de transport de l’oxygène liquide

Après 1965, les cartouches furent remplacées par des charges de nitrate-fuel chargées en vrac dans les trous de perforation.

3) Le boulonnage et le purgeage

La structure en « mille-feuilles » des couches calcaires posait le principal problème de sécurité pour les mineurs. Le risque principal n’est pas tant dans le coup de grisou caractéristique des mines de charbon, que dans la chute de blocs du toit de la galerie. A partir du moment où il fut nécessaire de mécaniser l’extraction du minerai de fer, le boisage utilisé jusque là constituait un obstacle à l’utilisation de grosses machines. Ce fut la découverte de méthodes utilisées dans des mines américaines en 1949 qui conduisit les mines à renforcer les galeries par boulonnage :

Boulons
Jumbos de boulonnage

Après la perforation du toit, on y introduisait une longue tige métallique que l’on fixait par un boulon. Cette opération fut rapidement opérée par des jumbos de boulonnage. La sécurisation de la galerie était complétée par des purgeages d’abord opérées à la main, puis par des machines à purger.

Machine à purger

Ce qui a conduit à une meilleure sécurisation des galeries et, surtout, permis l’utilisation de gros engins dans des galeries plus vastes.

4) Evolution des autres secteurs

La mécanisation a aussi touché les autres secteurs liés à l’extraction du minerai de fer : l’éclairage à la lampe à acétylène a fait place aux lampes électriques, le casque en cuir du XIXe siècle a été remplacé…par des casques en métal puis en résine, etc…

Enfin, le secteur du roulage (transport du minerai hors de la mine) a vu se développer de très lourds convois composés de wagons de 9 tonnes de charge utile tractés par de puissantes machines électriques

convois de chargement

Cette mécanisation a permis aux sociétés minières d’augmenter considérablement les rendements (15 T par poste en 1948, 150 T par poste en 1982). Mais, ce mouvement s’est fait aux dépens du recrutement de la main-d’œuvre : En 1945, il y avait 30 hommes par poste. On passa vite à des équipes de 9 à 13 hommes sur 3 postes. Avant la fermeture des mines, les équipes n’étaient plus composées de 4 à 7 hommes.

Les années 1970 ont vu la montée de concurrents exploitant du minerai de fer à plus forte teneur dans des mines à ciel ouvert (Brésil, Australie, Afrique du Sud). Cette concurrence a d’abord été fatale aux entreprises basées sur les exportations de minerai hors de la région. Puis, le coût d’extraction de la « Minette » lorraine a conduit à la fermeture totale des mines de fer de Lorraine à l’orée des années 1990. L’ironie de l’histoire a voulu que ces entreprises fussent amenées à arrêter leurs activités au moment où la mécanisation très poussée des mines leur permettait d’être au maximum de leurs performances. D’où la rancœur et l’amertume des mineurs lors des fermetures des mines de fer.

 

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